Repenser le système collectivement, au prisme de la qualité !

Le Gouvernement a récemment appelé tous les acteurs à réfléchir ensemble à l’avenir de notre système de santé. Pour le Cercle Valeur Santé, la prise en compte de la qualité, au sens des résultats qui importent aux patients, est la clé pour améliorer les prises en charge et garantir la soutenabilité du système dans sa globalité.

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Refonder le système de santé français. Voilà la tâche à laquelle vont devoir s’atteler, au-delà même des travaux du « Ségur de la santé », l’ensemble des acteurs : patients, professionnels, établissements, payeurs et industriels. La crise du coronavirus a montré la faiblesse de notre système de santé à se comporter en système et a mis en évidence la difficulté des politiques publiques de santé à penser le système autrement qu’à travers l’hôpital. Si la réponse aux attentes du monde hospitalier est une condition nécessaire, elle sera loin d’être suffisante.


Pour construire, il faut des briques et du ciment. En France, nous savons produire de belles briques dont l’excellence hospitalo-universitaire et l’assurance maladie universelle nous sont d’ailleurs enviées à travers le monde. Mais nous manquons de ciment, de capacité à donner du sens et une vision afin que toutes les briques qui composent le système fonctionnent ensemble en cohérence.


Nous sommes animés de la profonde conviction qu’il faut fonder cette évolution structurelle sur la qualité. La qualité est de nature à emporter les adhésions. C’est un indicateur irréfutable, qui sert le mieux soigner au bénéfice de l’ensemble des acteurs. Dans un Manifeste publié il y a trois ans, nous nous engagions, dans notre diversité, en faveur d’une approche de la santé fondée sur la notion de « Valeur ». Une approche davantage qualitative, impliquant l’ensemble des acteurs du système de santé dans un objectif commun : faire progresser le mieux soigner.


Systématiser la mesure de la qualité à l’aune des résultats.


Le système de santé français a toujours été considéré comme l’un des meilleurs du monde. Est-ce à dire que l’on soigne mieux en France qu’ailleurs ? Répondre à cette question s’avère périlleux et pour cause : nous n’effectuons aucune mesure systématique des résultats. Dès lors, notre idée de la qualité se borne souvent aux notions de sécurité ou de respect des processus. Nous devons ouvrir cette vision partielle de la qualité à l’évaluation des résultats au sens du terme anglosaxon d’« outcomes », c’est-à-dire des résultats qui importent au patient dans sa qualité de vie.
Cette approche de la santé par le résultat est cohérente et innovante en ce qu’elle s’intéresse à l’individu sans pour autant ignorer le collectif et les démarches populationnelles. C’est aussi un formidable aiguillon pour faire progresser le mieux soigner dans sa globalité.


Faire des résultats de santé un des paramètres du financement.


Nous sommes passés d’une orthodoxie budgétaire – celle d’un Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM) depuis plusieurs années inférieur aux besoins réels – à la politique du « quoi qu’il en coûte », rendue indispensable par les circonstances exceptionnelles. Mais bientôt, chacun se rappellera qu’elle a un coût. Aujourd’hui, ce coût n’est pas optimal, en témoigne la part non négligeable des actes peu pertinents ou redondants. Or les attentes de nos concitoyens, tant dans leur dimension d’usager du système de santé que de contribuable, nous obligent.


La France dépense plus de 11% de sa richesse nationale pour la santé. Pour quels résultats ? Nous devons réconcilier ces deux notions et déployer, pour un large nombre de prises en charge, un financement aux résultats ; incitatif pour les professionnels et porteur de sens pour les patients.


Sortir de l’hospitalocentrisme et jouer collectif.


Face à cette crise sans précédent, ce n’est pas seulement la dévotion de l’hôpital public qui a fait tenir notre digue sanitaire : c’est la ligue de toutes les parties prenantes. C’est grâce au soutien sans faille des hôpitaux privés et de la médecine de ville, aux efforts des acteurs industriels pour innover et démultiplier leurs productions, aux agents de nos administrations qui ont huilé les rouages d’une machine de gestion de crise souvent trop centralisée, que nous avons fait face.

La réponse à cette crise a été collective ; l’avenir de notre système de santé sera collectif ! La construction de parcours de santé nécessite de reconnaitre que les acteurs privés ne sont pas moins aptes que l’hôpital à accomplir, dans une démarche collaborative au service du patient, des missions de service public.


Répondre aux besoins de santé de la population est un projet éminemment collectif. Il n’est pas de solution miracle qui emporterait tout, il faut donner du sens : celui de la qualité est un dénominateur commun à l’ensemble des acteurs et un marqueur de confiance pour chaque Français.


MARTINE AOUSTIN, ancienne directrice générale de l’ARS Languedoc Roussillon
MARIE JOSÉE AUGE-CAUMON, Pharmacien – Conseiller USPO et Présidente du Consortium VBHC
CLAIRE BODIN, Consultante VA Conseils
FREDERIQUE DEBROUCKER, Directeur – Economie de la santé et remboursement, Medtronic
DR FRANCK DEVULDER, Hépato-Gastroentérologue, Président Les Spécialistes Csmf
DR MICHELE DIANA, Directeur de l’unité de recherche procédures endo-laparoscopiques – IHU de Strasbourg
PR DENYS FONTAINE, Directeur de la Fédération Hospitalo-Universitaire INOVPAIN, Neurochirurgien CHU de Nice
BASILE GORIN, directeur des affaires publiques de Medtronic
PR GREGORY KATZ, Université de Paris, Faculté de médecine, Chair of Innovation & Value in Health
BENOIT PERICARD, Associé – Directeur Santé – KPMG
PR PATRICK PESSAUX, Directeur Médical Adjoint – IHU de Strasbourg / Hôpitaux de Strasbourg
DR OLIVIER PIOT, Cardiologue Rythmologue – Centre Cardiologique du Nord
DR OLIVIER VALLET, Directeur Général Adjoint – Centre Chirurgical Marie Lannelongue – Le Plessis-Robinson
LAURENT VINCENT, Directeur Développement Santé, Bien Être Assistance

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