« Qualité et sécurité des soins, les indicateurs qui importent aux patients » – Retour sur le séminaire de la HAS

Retour sur le séminaire de la HAS

« Qualité et sécurité des soins, les indicateurs qui importent aux patients »

 

Le 12 avril dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) organisait un séminaire portant sur les indicateurs qui importent aux patients, élément fondamental de l’approche Valeur en Santé. Près de 90 participants, tous impliqués au plus haut niveau dans la conception et le déploiement des indicateurs de qualité et sécurité des soins, ont réfléchi aux nouvelles approches qualitatives pour notre système de santé.

 

Un séminaire en prise directe avec la Stratégie de Transformation du Système de Santé

 

Dans son propos introductif, Dominique Le Guludec, présidente de la HAS, a rappelé l’engagement pris par le Premier ministre et la ministre de la santé de « faire de la qualité la boussole de l’organisation de nos soins ». Alors qu’elle copilote le chantier de la Stratégie de Transformation du Système de Santé (STSS) qui doit permettre d’inscrire la qualité et la pertinence des soins au cœur des organisations et des pratiques, la présidente de la HAS a souhaité ce séminaire pour partager de l’information sur les travaux en cours dans ce domaine mais aussi comme une plateforme de réflexion sur ces nouvelles approches.

 

Plusieurs membres du Cercle Valeur Santé ont pu prendre la parole

 

Martine Aoustin est intervenue afin d’exposer pourquoi la Valeur en Santé est une approche à suivre dans la recherche de la qualité des soins. Après avoir rappelé qu’il s’agit de soigner mieux, à moindre coût et dans le respect des attentes des patients, elle a appelé à une évolution du système de santé afin de remettre les attentes du patient au centre de la prise en charge. Mais bien que le passage du quantitatif au qualitatif semble facile en théorie, il s’avère plus complexe en pratique, notamment car cette évolution nécessite de revoir les modes de financement. Si Martine Aoustin présente l’évaluation et la transparence des résultats comme la voie à suivre pour l’ensemble des acteurs du système, elle appelle à ne pas transformer la Valeur en un phénomène de mode et à ne pas réfuter l’importance d’autres indicateurs déjà mis en place.

 

Grégory Katz a exposé les premiers résultats d’une expérience de collecte d’indicateurs de résultats patients dans le domaine de la chirurgie de la cataracte, illustrant ainsi l’une des premières démarches françaises de Valeur en Santé. Soulignant que le combat ne devait plus être l’égal accès aux soins mais l’égal accès à la qualité des soins, il a présenté la méthode déployée par le groupe ELSAN dans ses cliniques de Nantes et Limoges. Exhortant à ne pas réinventer des indicateurs franco-français là où certaines organisations internationales ont déjà produit des outils solides, Grégory Katz a mis en évidence les principales difficultés à dépasser : traduction des sets d’indicateurs internationaux, adoption d’une nouvelle culture par les professionnels de santé, ajustement des casemix en fonction des sévérités et dématérialisation de la collecte des résultats.

 

Frank Devulder, après avoir présenté les objectifs poursuivis par le Cercle Valeur Santé, a fait le lien entre la démarche Valeur et la Rémunération sur Objectifs de Santé Publique (ROSP). Introduite par la convention médicale de 2011, cette dernière permet d’intégrer des éléments de qualité et de prévention dans la rémunération de certaines spécialités (médecine générale, cardiologie, gastroentérologie, pédiatrie et endocrino-diabétologie). Bien qu’elle permette d’amorcer une évolution vers une culture du résultat, la ROSP n’intègre pas suffisamment le patient dans sa conception et peine à trouver des indicateurs efficients.

 

La qualité demeure encore une notion complexe à appréhender et à mettre en œuvre

 

La qualité, au sens d’indicateurs de résultats qui importent aux patients, est de plus en plus présente dans les approches internationales

L’initiative PaRIS (Patient-Reported Indicators Survey), développée par l’OCDE, est née du constat que, bien que les systèmes de santé mesurent correctement les ressources et les résultats, la qualité de vie des patients est rarement capturée de manière robuste et standardisée. Des engagements ont donc été pris par les ministres de la santé des Etats membres, en janvier 2017, pour recentrer les systèmes de santé sur le patient et rendre systématique la mesure d’indicateurs de résultats de santé déclarés par les patients. Francesca Colombo, cheffe de la division santé de l’OCDE, indique cependant que les PROMs (Patient Reported Outcome Mesures) sont encore rarement collectés de manière systématique et que le développement de cette démarche tient beaucoup à l’engagement des professionnels de santé.

 

Pour capturer les résultats qui importent aux patients, l’ICHOM bâtit depuis 2012 des sets d’indicateurs coconstruits par des experts internationaux et des représentants de patients. Ce sont 23 sets d’indicateurs qui ont été développés et sont aujourd’hui en accès libre. Léa Marais, cheffe de projet pour l’ICHOM, a par ailleurs expliqué les clés de réussite d’une initiative de collecte des résultats qui importent aux patients : adopter une véritable démarche de conduite du changement, impliquant toute l’équipe médicale autour d’un leader fort. Il n’existe ainsi pas de solution standard, il faut adapter la démarche de collecte et d’analyse à chaque organisation et faire en sorte que la mesure n’apparaisse pas comme une charge de travail supplémentaire pour les équipes.

 

 

Un séminaire qui montre donc l’émergence d’une approche française de la mesure des résultats qui importent aux patients et qui livre quelques clés de méthode pour transformer cette intention en réalité. Il apparaît cependant que le terme de qualité reste trompeur car polysémique, la HAS le rattachant surtout à des sujets de sécurité et de ressources là où les exemples internationaux et les travaux du Cercle nous invitent à voir plus loin et à concevoir la qualité comme l’expression des résultats qui importent aux patients.

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